« Ma grossesse »

« Ma grossesse »

Au cours de mon parcours, j’ai eu un transfert de deux embryons de 5 jours , on les appellent blastocystes. Après avoir entamé un protocole long et une ponction dans des conditions de rêve !

Merci à mon nouveau centre pma de Saint Cloud (hopital des 4 villes) pour le côté humain et confort de votre centre. Le mercredi 18 avril, on me transférait donc deux embryons. J’avais soulé le biologiste pour en avoir deux, c’était d’ailleurs la première fois car lors de mes deux fiv précédentes, je n’avais qu’un embryon à chaque fois. Mais je m’étais toujours dit que ça marcherait si j’en mettait deux. En plus, cette fiv était de loin la mieux réussie avec 13 ovocytes matures à la ponction une grande première pour moi. Alors, je me suis dit qu’il en resterait au moins deux cette fois pour le transfert. Finalement, ce n’est pas deux mais bien quatre embryons que j’ai eu en tout grâce à cette fiv. Deux embryons vitrifiés et deux implantés donc ce mercredi là.

Le transfert se passait avec mon magicien. C’était magique, je restais allongée presque une heure puis je reprenais ma vie normalement. Le lundi d’après, j’ai senti de fortes douleurs au ventre et je me sentais pas très bien. Je suis donc allé aux urgences de mon centre. On m’a d’abord pris ma tension, puis ma température qui était à 37.2. Je n’ai rien dit mais j’ai pensé direct au film 37.2 le matin. Suis je donc enceinte ?

J’ai téléphoné à ma belle sœur et lui ai donné ma température. Elle ne comprenait pas trop, je me suis alors mise à pleurer en lui disant «  c’est la température des femmes enceintes, tu connais pas le film? Je suis pas prête à ce qu’on me dise que je suis enceinte ». Le « je suis pas prête » alors que ça fait quatre ans que t’essayes d’être enceinte, ça me fait toujours sourire en y repensant. Mais bon, on est jamais prête à l’apprendre, et encore moins aux urgences. Elle m’a dit «  mais tu sais y’a bien un jour où ça arrivera et c’est peut être aujourd’hui ». Moi en larmes je lui ai répété en mode chialeuse suprême dans cette salle d’attente « mais je suis pas prête ».

Bref. J’ai fait une prise de sang et une échographie. C’était trop tôt pour voir quoi que ce soit mais elle remarquait que j’avais de l’eau dans le ventre (hyperstimulation bonjour). Elle m’a dit de revenir dans deux heures pour les tests réalisés. Je me suis calée au café du coin avec mon mal de ventre, mon jus et mes clopes. Je me disais encore « je suis pas prête à ce qu’on me le dise », mais je sentais très fort que c’était ça.

Deux heures après, j’étais face au médecin après avoir squatté un brancard dans le couloir à cause de mes douleurs et de la fatigue extrême… Elle m’a sorti une liste de chose à faire, j’étais comme dans un film je n’arrivais pas à suivre tout ce qu’elle me disait. « Et le taux ? », bordel commence par ça !!!« Ah oui donc c’est positif, votre taux est à 45 donc on va attendre vendredi pour voir si ça monte jour de votre prise de sang initiale ». J’ai lâché un « ok super», genre c’est normal ce que tu me dis meuf, t’es juste en train de m’annoncer que je suis enceinte pour la première fois de ma vie mais tout va bien j’encaisse.

Je ne réalisais pas ce qui arrivait, j’ai décidé de garder le secret jusqu à vendredi. Tu parles… le soir, à peine rentrée j’ai eu droit à mille questions de la part de Mathieu « mais pourquoi t’as ça ? C’est quoi qui fait l’hyperstimulation? Je comprend rien ». J’ai littéralement fondu en larmes. « Ben par ce que je suis peut être enceinte ». Il posa sa bière, sous le choc de ce que j’étais en train de lui annoncer.

On restait sur notre réserve mais c’était déjà un bon point d’avoir un taux positif au test de grossesse. Plus qu’à prier pour qu’il monte bien ces prochains jours.

Le taux augmentait progressivement, tout allait bien jusqu’à l’échographie pour voir si le ou les sacs étaient au bon endroit. Je me retrouvais avec une sage femme et Mathieu. Il m’a fallut peu de temps pour voir qu’il y avait un soucis. J’ai vu un sac, oui, mais un sac vide. Pas de coeur rien, le trou noir.

J’ai pensé direct à un œuf clair, pas de bébé dans ce sac. Elle nous a dit d’attendre quinze jours pour voir. C’était peut être trop tôt. J’ai fondu en larmes, j’étais à bout de force, dévastée totale en pensant à ce sac vide. Je partais le soir même avec ma belle sœur au Portugal pour dix jours, j’ai pris rendez-vous avec le gynéco de ma tante sur place. Si à cette échographie il n’y a rien, à ce moment là c’est que c’est mort de chez mort.

L’heure du verdict sonnait presque. J’attendais avec Mathieu et ma tante dans la salle de sa gynéco adorable dans ce petit village au Portugal. C’était improbable de nous retrouver là, j’ai tout expliqué à la gynéco. D’un coup je parlais portugais comme jamais, je ne cherchais même pas mes mots, ma tante hallucinait comme je parlais bien , Mathieu lui comprenait rien à ce que je disais c’était un gros sketch. Elle semblait pas très confiante en écoutant ce que je lui racontais et m’installa pour faire l’échographie. Je regardais l’écran et là j’ai vu ce petit haricot, j’ai vu quelque chose. « Le coeur bat, tout va bien ». Je pleurais comme jamais j’ai pleuré de ma vie, des sanglots de soulagement, d’émotion, comme si je criais ma victoire en chialant. Elle était là, elle était bien là.

Depuis ce jour, depuis cet instant où j’ai vu Simone sur cet écran, j’ai su que ça irait. C’était mon miracle et je savais que tout irait bien. J’ai jamais douté et j’ai vécu une grossesse de rêve. J’ai eu la nausée du premier trimestre, la fatigue mais je n’ai jamais vomi. Le deuxième trimestre était le meilleur car j’ai appris que c’était une fille, et j’ai fait les achats très vite. J’ai profité, je me suis dit que je ne contrôlait rien et je me suis tout de suite dit qu’il fallait nous faire confiance, que ça irait. Au deuxième trimestre, on a décelé un RCIU (retard de croissance intra utérin). Petit bébé donc j’étais suivi de près jusqu à sa naissance. 

Mais aujourd’hui, si j’ai un conseil à donner pour les grossesses post-trauma, c’est que de toute façon on ne contrôle pas la vie. J’en suis la preuve tout est possible. Tout, absolument tout. Alors je me suis mise en mode je profite à fond, je ne veux pas louper une miette de ce qui nous arrive, ça va aller, je me suis écoutée et d’ailleurs, quand ce sac était vide au début, à l’instant je savais au fond de moi qu’il y avait quelque chose. Tout était magique et le transfert de Simone était si fort…

À partir de là, je me suis mise aucune barrière, je voulais vivre à fond cette grossesse et on a fait des voyages en amoureux pour profiter à fond d’être juste deux. J’ai eu de la chance de le vivre comme ça et de ne pas me laisser pourrir par tous les échecs et coups dans la gueule que l’on se prend dans ce parcours infertile. 

Voilà ce que je peux dire de ma grossesse.

Je me suis écoutée, et j’ai fait confiance à Simone. J’ai adoré avoir ces formes de grossesse je me suis sentie tellement femme. N’oubliez pas tout absolument tout est possible. Il n’y a pas de règles et on ne contrôle rien dans ce parcours, c’est les montagnes russes de la vie. Mais ça vaut tellement le coup de vivre ça je vous le promet. La plus belle récompense est dans mes bras et c’est juste magique.